La musique québécoise se dit je t’aime

Dimanche soir dernier, l’industrie de la musique s’est réunie pour souligner le meilleur de la dernière année dans le cadre du traditionnel Gala de l’Adisq.  Animée encore une fois par Louis-José Houde, la cérémonie a rassemblé tous les éléments qui garantissent, année après année, la réussite d’un gala : des performances musicales éclectiques, des moments touchants, une poignée de petits malaises, des sourires de vainqueurs et des visages déconfits.  Voici donc pour vous un bref topo de la soirée.  Et rassurez-vous.  Je n’y traiterai pas ma sœur de conne et je ne dirai pas le mot fuck.  Je ne voudrais surtout pas m’attirer la haine sur les réseaux sociaux.

Commençons par parler de l’animation.  Pour sa 11e année à la barre de cet événement télévisuel majeur, on était en droit de s’attendre à du solide de la part de notre LJH national.  Et il n’a pas déçu.  Parfois grinçant, parfois plus solennel, l’humoriste arrive toujours à trouver le ton juste entre la blague et le propos plus sérieux ou dénonciateur.  Je ne pense pas que son animation de cette année était la plus forte de toutes, mais Louis-José a certainement cumulé davantage de bons coups que de ratés.  Et il possède un talent que trop peu d’animateurs de galas au Québec possèdent.  Je parle ici de la capacité à rendre à l’aise un public souvent beaucoup trop constipé dans ce genre de contexte.  C’est le fun de voir des artistes rire pour vrai.  Ne crains rien Louis-José.  Ce n’est pas demain que Jean-Philippe Wauthier volera ton emploi.

Discutons maintenant des performances musicales.  À chaque année, le Gala de l’Adisq élève son niveau d’un cran en proposant des rencontres artistiques inusitées qui, plus souvent qu’autrement, sont drôlement réussies.  Et cette année ne fait pas exception à la règle.  À chaque cérémonie, on arrive à surprendre le spectateur.  Ingrid St-Pierre avec Koriass, qui avait vu cela venir ? Certainement pas moi.  Ce qui fait la force de volet performances, c’est aussi la variété que l’on offre au public.  Plume Latraverse (mondieu que ça faisait du bien de le voir), Cœur de Pirate, Safia Nolin, Richard Séguin, Ginette Reno, Charles-Richard Hamelin, etc.  Aussi agréable pour une quinquagénaire de Rimouski que pour un hipster du mile-end.   Et c’est ça qu’on aime.  À quand le retour de Dubmatique pour un duo surprise avec Luce Dufault ? Moi, j’y crois.

Parlons maintenant de la remise de prix en tant que tel.  Commençons par les bons coups.  Fred Fortin qui gagne, bravo.  Cet homme roule sa bosse depuis longtemps et commence à récolter ce qui lui revient.  Safia Nolin, bravo.  Ho et en passant.  La beauté d’une personne ne se limite pas uniquement à ce qu’elle porte.  Du charisme, ça ne s’invente pas et ça, Safia Nolin en possède à la tonne.  Coton ouaté de Gerry Boulet ou pas.  Fallait que j’en parle.  Et bravo à tous les autres.  Je ne peux pas tous les nommer, mais leurs victoires auront un écho suffisant pour m’inciter à aller découvrir ce qu’ils font.  Il en va de même pour les nominés, comme quoi ceux-ci n’ont pas tout perdu.

Petit coup de gueule contre les prix du public.  Y’a moyen, Ô chère Adisq, que tu fasses quelque chose en ce sens ? Je n’ai rien contre Marc Dupré et Marie-mai, bien au contraire.  Mais il me semble que ce n’est pas normal qu’une séparation et une grossesse te permettent de gagner interprète féminine de l’année (rien contre toi Marie je te jure).  C’est juste décevant de constater que les prix les plus importants semblent se destiner aux artistes les plus populaires et non les plus méritants.  Voilà c’est dit.

Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que la musique québécoise a besoin de nous.  Elle traverse de grosses bourrasques ces temps-ci et si on ne la prend pas dans nos bras rapidement, on pourrait le regretter dans quelques années.  Pourquoi ne nous donnerions-nous pas le défi de connaître un nouvel artiste francophone à chaque semaine (l’application Ici Musique est parfaite pour cela, je vous la conseille).  Et poussons encore plus loin.  Pourquoi n’achèterions-nous pas 4 ou 5 albums québécois cette année ? Pour gâter nos oreilles.  Et nos mains, pour qui le plaisir de retirer le petit papier protecteur est un plaisir quasi orgasmique.  À go, on prend soin de notre industrie.  1,2,3 GO.

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